Supporters de l’Olympique de Marseille : Stade Vélodrome
- Virage Sud (Chevalier Roze), Commando Ultra’84 (CU’84),
- Rétrospective QuiSautePasNestPasMarseillais.CoM.
Lors de la saison 1984/85, en plein renouveau, 50 personnes prennent place ce 17 août derrière les premiers tambours et banderoles, sans toutefois appartenir encore à un groupe. C’est le début d’une grande aventure sans précédent, toujours en cours. Deux semaines exactement plus tard, soit le 31 août, l’OM reçoit le Matra Racing, naît le Commando Ultra, dont le nom est directement influencé par les Curvas de Rome et de Naples (ville qui en parallèle ressemble beaucoup à Marseille). En septembre, une dizaine de marseillais se rendent à Paris lors du match PSG-OM, marseillais étant associé (et non pas membre alors) au Commando Ultra. Ce déplacement occasionnera le tout premier face à face avec le Kop de Boulogne. C’est le 2 décembre 1984 qu’apparaît la bâche « Commando Ultra Curva Nord », lors du derby d’alors OM-Toulon. Le groupe est officiellement en place, et cela se confirme deux mois plus tard le 3 février 1985 lorsque le CU inaugure sa toute première voile (au Vel contre le PSG), et en mars, le 22 du mois, lorsque les monégasques crièrent pour la première fois vingt deux, v’la les mars ! En effet, 22 Ultras font le déplacement en principauté, emmenant dans leur sillage la bâche.
Fait important, lors de la saison 1985/86, les habitués du Virage Nord font bouger le groupe vers le quart de virage Ganay Nord. De plus, en marge des événements tragiques du Heysel, la banderole « Commando Ultra » ainsi que la tête de mort sont interdites. Et sur un autre plan, l’année sera marquée par l’arrivée de Bernard Tapie et Michel Hidalgo… le groupe doit donc changer de nom et d’emblème, optant pour le premier le nom Ultras Marseille et choisissant pour le second la main de Zeus. Cette même année, le 30 avril, la première écharpe voit le jour, ainsi que les cartes de membres. C‘est donc ce 30 avril que tout commence pour de vrai, avec comme summum la finale de la Coupe de France OM-Bordeaux : une voile de 40 m x 22 m bleue et blanche recouvre tout Auteuil.
Arrive la saison 1986/87 et la migration du groupe vers le Virage Sud, lieu où il restera dorénavant pour les prochains 14 ans. 150 abonnés font le transit, faisant le premier match de l’année dans le pesage contre Monaco, mais des protestations d’habitués des lieux fera monté le groupe en haut pour le prochain match. Pendant cette saison, la bâche « Brigades Ultras » est la principale du groupe lors des matchs au Vel’ (précédant la « Commando Ultra » de maintenant ).
En même temps, l’obtention d’un local sous le quart de virage Ganay Nord se fait dans la joie, tout en apprenant que Marc Valora, un des fondateurs, passe le flambeau à un autre pareil que lui, Marc Hodoul. Et la saison se conclue avec l’habituel déplacement au Parc des Princes pour la finale de la Coupe, auquel les spectateurs pourront admirer un tifo de légende à base d’innombrables fumis et autres pots. Parlant de tifo, c’est en 1987 qu’ils deviennent courant au Vel, notamment un mémorable lors du retour de l’OM en Europe contre Leipzig, où le virage Sud agite 4000 drapeaux. S’ajoute une nouvelle voile encore, lors de la venue de l’Ajax. Cette année marquera le premier déplacement européen du CU à Split. Au début de la saison 1988/89 s’opère un changement de siège, passant du bar « Le Cortes » rue de Rome, situé près du Vieux Port. Jean-Claude, le capo passe le relais à Stéphane dit « la Crevette ». L’OM arrive encore une fois en finale de la Coupe, et les Ultras envahissent comme d’habitude les tribunes du Parc.
En 1989/90, le nombre symbolique de 1000 abonnés est dépassé. Le CU fait les déplacements européens à Copenhague, Sofia et Lisbonne. L’année est marquée par les déplacements massifs à Milan, Moscou et Bari. Durant l’été 1991, la permanence se déplace vers le 56, Boulevard Michelet, cela n’a pas changé depuis. Cette saison, deux chants mythiques font leur apparition, le fameux « Mar-sei-llais ! » et le « Ce soir on vous met le feu » de Hardos du CU, devenu un tube plus tard avec IAM… le groupe est de plus en plus structuré. Nouveaux déplacements à Prague et Luxembourg, et le 12 novembre 1991, le groupe descend dans le nouveau pesage. Cette même saison est celle du drame de Furiani, le 5 mai 1992, et celle des violents accrochages avec Toulonnais, Parisiens et Stéphanois… « La crevette » prend à son tour sa retraite laissant le gueulophone à Didier M. Il reste aujourd’hui encore le meilleur capo marseillais (avec Depé) jamais connu au Vel.
Lors de la saison 1992/93 la tension avec les SW est telle que ces derniers décident de remonter dans le virage, à l’emplacement d’origine des Ultras, devant la bouche centrale. Les Fanatics resteront eux dans le pesage, mais le FUW est mort définitivement. Cette saison est marquée par les fameux déplacements du CU à Glasgow ou à Bruges en avril 1993 et par un Nantes - OM le 20 mars, où des membres du groupe improvisent un nouveau chant dans le tramway nantais… « Hissez haut, les drapeaux… » ce chant sera repris avec succès le 26 mai 1993 pour la finale de Munich, où 1200 ultras prennent place à la fête au milieu des 24000 marseillais... Le soir du 18 septembre 1993 (OM–Bordeaux, 3-1) est marqué par la nouvelle voile « Champions d’Europe » signée des Ultras, mais également d’une violente bagarre avec les Winners… l’OM agonise, le virage sud aussi. Ensuite, la traversée de l’enfer de l’OM commence, et celle des Ultras avec, de nombreuses suspensions du Vel’, gardes à vue et autres interdictions de stade (le mémorable OM- Metz, 0-3, envahissement du terrain et arrêt du match, à cause de plusieurs décisions anti-sportives de l’arbitre…).
La première saison en d2 se passe bien, l’OM est champion et le CU réalise quelques déplacements mythiques comme au Pirée (face à l’Olympiakos en Uefa, 1-2) ou Nice et Paris en coupe de France, ces deux derniers marqués par de nouveaux incidents notamment à Nice où les Ultras envahissent la pelouse pour rejoindre leurs homologues Niçois… L’OM reste en d2 pour la saison 1995/96, marquée par de nombreuses grèves du virage sud pour faire réagir les joueurs et le club à la dérive… Effet réussi, l’OM revient en d1 lors du fameux OM-Sochaux du 17 mai 1996 (4-1, invasion de la pelouse à la fin du match, portées de joueurs par la foule, et un des plus beaux tifos jamais réalisé au VS).
La saison 1996/97 est celle de la remontée et celle de l’adieu au vieux Vélodrome… Le CU compte désormais 1800 membres, répartis dans un bout de quart de virage sud Ganay, l’autre partie minime au virage nord… C’est une saison noire pour le virage sud, les accrochages entre les deux plus grands groupes marseillais sont intenses… Pour OM-Lille le 14 février, alors que le CU vit son deuxième match au virage nord, une bagarre éclate entre SW et CU sous le virage, pour une fois on peut dire que le CU est en cause, par manque de communication avec les autres groupes (Tous les groupes avaient décidé de ne pas chanter en respect aux Winners interpellés un peu avant, tous sauf le CU qui a bâché et chanté tout le match…). La deuxième embrouille intervient lors de Bordeaux-OM le 22 février, la vengeance des SW continue, ils tentent de dérober la bâche de la Vieille garde et l’affrontement éclate… personne ne sort vainqueur mais le mouvement ultra marseillais est au plus mal.
Lors de la saison 1997-98, le VS est flambant neuf, l’entente entre les deux groupes aussi. Le nombre de membres explose : 3900 (pour 3200 abonnés). En plus de la création du site Internet du groupe, le CU se dote d’une nouvelle voile à l’échelle du nouveau pesage : La croix marseillaise avec ULTRAS et la tête de mort au milieu, impressionnant… Avant la Coupe du Monde, la loi Alliot Marie rend la tache plus difficile aux groupes ultra dont le CU, qui doit souvent faire les déplacements sans méga et sans drapeaux… Le CU participe également au tirage au sort du Mondial à Marseille (à la demande du CIO et avec les autres groupes) en mobilisant 14000 drapeaux… Marc Hodoul passe le flambeau à Fabrice Bérard et Christophe Bourguignon lors de la saison 1998/99, le nombre de membres est un record, 4711. Mais beaucoup de nouveaux supporters sont arrivés dans les deux virages, on leur donne vite l’appellation d’origine contrôlée : Footix ! Didier M. prend également sa retraite de capo et laisse le méga à Fabrice et Sébastien C. dit « Bibe ». Cette saison a été remarquable sur l’entente entre Camille des SW et Fabrice du CU, jamais depuis le FUW les deux groupes du sud avait été autant unis.
La saison 1998/99 se résume au spectacle impressionnant du 15ème anniversaire lors d’OM-Bastia ; un gigantesque dessin de bd à l’effigie des mascottes du CU (Freddy, le diable de Tasmanie, tête de mort…) bref un véritable bijou… Octobre 1999, Fabrice Bérard se retire laissant « Bourgui » aux commandes, encore là aujourd’hui ; et pourtant face à la répression, les interdictions de stade et sanctions pénales n’ont pas découragé Christophe, plus que jamais « Toujours Présent ! » Le groupe entretient des relations avec les « frères » UTC de la Sampdoria, les fameux grecs de « l’Original 21 » (AEK Athènes) ou à un degré moindre avec les Polonais de l’Arka et les Italiens de la BAL (Livourno).
En 1999, un groupe d’anciens Ultras décident en raison de multiples désaccord avec le noyau dirigeant du CU de se regrouper sur le côté droit de la tribune... ils prendront trés vite l’appellation Cosa Ultra’. L’histoire continue… Et Partout résonnera la devise des Ultras : un Mythe, une Foi, un Combat
